Le gouvernement camerounais poursuit ses efforts pour accélérer le développement économique et social du pays, à travers la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30). Cette feuille de route, pilotée principalement par le Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), vise à transformer structurellement l’économie nationale d’ici la fin de la décennie.
Plusieurs délégations ministérielles ont récemment sillonné différentes régions du pays, notamment l’Adamaoua, l’Est et le Sud-Ouest, afin d’évaluer l’état d’avancement des projets d’infrastructures publiques et de recueillir les besoins exprimés par les administrations locales et les populations.
Une approche multisectorielle
Le développement tel qu’envisagé par les autorités camerounaises ne se limite pas aux infrastructures routières ou énergétiques. Il englobe également des volets essentiels comme la santé publique, l’accès à l’eau potable, la sécurité des personnes et des biens, ainsi que la protection de l’environnement. Les ministères sectoriels concernés, notamment celui de la Santé publique, celui de l’Eau et de l’Énergie, ainsi que celui de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable, sont associés à cette dynamique interministérielle.
Cette approche transversale répond à une volonté affichée de mieux coordonner l’action publique entre les administrations centrales et les collectivités territoriales décentralisées, dans un contexte où la décentralisation reste un chantier institutionnel prioritaire au Cameroun depuis l’adoption du Code général des collectivités territoriales décentralisées en 2019.
Le rôle des collectivités locales
Les communes et régions, en tant qu’échelons de proximité, sont appelées à jouer un rôle croissant dans la mise en œuvre concrète des projets de développement. Plusieurs conseils régionaux ont ainsi été sollicités pour identifier les priorités locales en matière d’infrastructures, de couverture sanitaire et d’accès aux services essentiels.
Cette dynamique s’accompagne d’un renforcement des capacités administratives locales, avec des formations dispensées aux cadres municipaux sur la gestion des finances publiques et le suivi-évaluation des projets financés par le budget d’investissement public.
Sécurité et développement, deux enjeux liés
Dans certaines régions, notamment celles confrontées à des défis sécuritaires comme l’Extrême-Nord ou le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les autorités rappellent régulièrement que le développement ne peut prospérer durablement sans un climat sécuritaire stable. Le Ministère de la Défense, en collaboration avec les administrations civiles locales, continue d’appuyer les efforts de stabilisation nécessaires à la relance des activités économiques dans ces zones.
Des programmes spécifiques de reconstruction et de relance socio-économique ont ainsi été déployés dans les zones affectées, avec un accent mis sur la réhabilitation des infrastructures de base et le retour progressif des services publics essentiels.
Recherche et innovation au service du développement
Par ailleurs, le développement passe aussi par le renforcement de la recherche scientifique et technique. Plusieurs institutions publiques camerounaises, en partenariat avec des universités et centres de recherche, travaillent sur des solutions adaptées aux réalités locales, notamment dans les domaines agricole, énergétique et environnemental.
Ces initiatives s’inscrivent dans une logique de valorisation des ressources nationales et de réduction de la dépendance aux importations, un objectif régulièrement rappelé par les autorités économiques du pays.
Perspectives
À mi-parcours de la SND30, les résultats obtenus restent contrastés selon les secteurs et les régions. Si des avancées sont perceptibles en matière d’infrastructures routières et énergétiques dans certaines zones, des défis persistent concernant l’accès équitable à l’eau potable, la couverture sanitaire universelle et la résorption des disparités régionales.
Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la capacité des institutions camerounaises à concrétiser les ambitions affichées, dans un contexte budgétaire national qui demeure contraint par les priorités multiples de l’État, entre sécurité, santé publique et investissements structurants.