Le Cameroun cherche à consolider ses recettes d’exportation dans un contexte économique régional marqué par la volatilité des cours des matières premières. Le Port autonome de Douala, principal point de sortie des marchandises vers l’étranger, concentre l’essentiel des flux, tandis que les administrations en charge du commerce extérieur multiplient les initiatives pour fluidifier les procédures douanières.
Une économie encore dépendante des matières premières
Selon les données régulièrement publiées par le Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), les exportations camerounaises reposent en grande partie sur quelques filières clés : le pétrole brut, le cacao, le bois, le coton et, dans une moindre mesure, la banane plantain et certains produits vivriers. La Société de Développement du Coton (SODECOTON), basée à Garoua, demeure l’un des piliers de l’exportation agricole du pays, notamment vers les marchés asiatiques et européens, avec une production concentrée dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord.
Le Ministère des Finances (MINFI), à travers la Direction Générale des Impôts (DGI) et l’administration douanière, joue un rôle central dans la collecte des taxes liées à l’exportation et dans la lutte contre la fraude commerciale, un phénomène qui continue de peser sur les recettes de l’État.
Le rôle stratégique du port de Douala et de Camrail
Le port de Douala-Bonabéri reste le principal corridor logistique du pays, traitant l’essentiel du trafic maritime national et desservant également des pays enclavés comme le Tchad et la République centrafricaine. L’efficacité de ce corridor dépend en grande partie du réseau ferroviaire exploité par Camrail, qui assure le transport des marchandises entre les zones de production intérieures et les quais d’embarquement.
Les acteurs économiques et certains syndicats du secteur des transports appellent régulièrement à une modernisation des infrastructures ferroviaires et routières, jugées insuffisantes pour absorber la croissance attendue des volumes exportés, notamment pour les filières céréalières et maraîchères comme l’oignon, produit majoritairement dans la région de l’Extrême-Nord et exporté vers les pays voisins de la sous-région CEMAC.
Diversification des filières agricoles et animales
Au-delà des cultures de rente traditionnelles, le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER) encourage la diversification des filières exportatrices, notamment à travers le soutien à la production de banane plantain, très demandée sur les marchés sous-régionaux, ainsi qu’aux céréales locales.
Le secteur de l’élevage n’est pas en reste. Les filières bovine, porcine et avicole font l’objet d’une attention croissante des pouvoirs publics, avec des projets visant à structurer l’exportation de bétail vers les pays limitrophes, tout en renforçant les contrôles sanitaires aux frontières pour limiter les risques de propagation de maladies animales.
Les défis à relever
- La lenteur des procédures douanières, qui allonge les délais de traitement des marchandises à l’export.
- Le déficit d’infrastructures de stockage et de transformation, limitant la valeur ajoutée des produits exportés.
- La concurrence régionale, notamment de pays voisins disposant d’infrastructures portuaires plus compétitives.
- La fluctuation des cours mondiaux, qui affecte directement les recettes issues du cacao, du coton et du pétrole.
Perspectives
Les autorités camerounaises, à travers le MINEPAT et le MINFI, misent sur une meilleure structuration des chaînes de valeur agricoles et sur la modernisation des infrastructures portuaires et ferroviaires pour améliorer la compétitivité des exportations nationales. Ces efforts s’inscrivent dans une logique de diversification économique, alors que le pays cherche à réduire sa dépendance aux matières premières brutes et à renforcer sa présence sur les marchés régionaux et internationaux.