À Garoua, la Journée de la Femme panafricaine a été marquée par une marche sportive et une campagne de sensibilisation en faveur de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble. Portée par la Délégation régionale de la Promotion de la Femme et de la Famille du Nord, avec l’appui de la Convention nationale des femmes pour la paix, cette mobilisation a réuni plusieurs centaines de participants autour d’un message fort : la paix se construit d’abord dans les familles avant de rayonner sur l’ensemble de la société.
Drapeaux en main, tee-shirts aux couleurs de la célébration et slogans en faveur de la paix, plusieurs centaines de femmes, accompagnées d’hommes, de jeunes et de représentants d’associations, ont parcouru les principales artères de Garoua lors d’une marche sportive organisée dans le cadre de la Journée de la Femme panafricaine.
L’activité, ponctuée par des exercices physiques et une séance de remise en forme, avait pour objectif de promouvoir un mode de vie sain tout en utilisant le sport comme un instrument de rapprochement des populations et de renforcement du vivre-ensemble.Au-delà de son caractère sportif, cette marche constituait un véritable plaidoyer pour une société plus apaisée, où les femmes occupent une place centrale dans la prévention des conflits et la consolidation de la cohésion sociale.
Invitée à sensibiliser les participantes, la présidente de la Convention nationale des femmes pour la paix a insisté sur la responsabilité particulière des femmes dans la construction d’une paix durable. Selon elle, la fa mille demeure le premier espace où s’apprennent les valeurs essentielles du vivre-ensemble. « La femme est le pilier de la famille. Toute démarche de construction de la paix doit commencer au sein du foyer. Elle a la responsabilité de cultiver le pardon, l’amour et le dialogue. Lorsque ces valeurs existent dans les familles, elles se propagent naturellement dans les quartiers, les villages, les villes et dans toute la société. Sans pardon, sans amour et sans dialogue, il ne peut y avoir de paix durable ni de véritable cohésion sociale. »
Pour la responsable, chaque femme est appelée à devenir une éducatrice de la paix en transmettant quotidiennement les valeurs de tolérance, de respect et de solidarité aux générations futures.
Une organisation née des crises pour promouvoir le vivre-ensemble
La présidente de la Convention nationale des femmes pour la paix est également revenue sur les origines de cette organisation citoyenne.
Créée dans un contexte marqué par les attaques terroristes de Boko Haram dans l’Extrême-Nord et la crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la Convention s’est donnée pour mission de mobiliser les femmes autour des valeurs de paix. « Nous avons compris que la paix se construit progressivement, pierre après pierre. Elle naît dans la famille avant de s’étendre au quartier, au village, à la ville puis à toute la nation. À travers la Convention, nous menons des actions de sensibilisation sur le vivre-ensemble, le pardon, l’amour, la tolérance et le dialogue. Aujourd’hui plus que jamais, nous sommes convaincues que la paix est la condition indispensable au développement et au bien-être de tous. »
Présente dans l’ensemble du Grand Nord, la Convention nationale des femmes pour la paix mène régulièrement des actions de proximité afin de promouvoir la non-violence et le dialogue entre les communautés.
Pour la déléguée régionale de la Promotion de la Femme et de la Famille du Nord, Mme Abdoulaye Amoa, cette célébration s’inscrit dans une dynamique régionale de sensibilisation. Avant les activités organisées à Garoua, une importante délégation s’était rendue dans le département du Faro, notamment à Poli. « Nous avons passé deux jours dans la ville de Poli pour communier avec les populations autour des idéaux de paix et de vivre-ensemble. Nous avons notamment effectué une visite à la prison de Poli où nous avons apporté aux détenus des messages de paix, de réconfort et de non-violence. » Cette initiative visait à rappeler que les messages de paix doivent atteindre toutes les couches sociales, y compris les personnes privées de liberté.
Pour Mme Abdoulaye Amoa, la réussite de cette journée repose avant tout sur la capacité des participantes à relayer les messages reçus. « En lien avec le thème de cette célébration, il est demandé aux femmes de mener des actions concrètes en faveur de la sérénité au sein des familles et des communautés. Il s’agit de promouvoir des comportements qui renforcent l’unité, la cohésion sociale et le vivre-ensemble. Notre ambition est que chaque personne se sente intégrée, respectée et capable de vivre en harmonie avec les autres. »
La forte mobilisation enregistrée constitue, selon elle, un motif de satisfaction. « Nous avions sollicité la participation d’une centaine de femmes et elles ont répondu présentes, accompagnées de plusieurs hommes. Mais notre objectif ne s’arrête pas à cette centaine de participantes. Nous voulons qu’elles deviennent de véritables ambassadrices de la paix. Nous souhaitons que chacune sensibilise à son tour 300, voire 500 autres personnes afin que les valeurs de paix, de non-violence et de vivre-ensemble soient davantage comprises et respectées dans nos communautés. »
La paix, une responsabilité collective
À travers cette marche sportive, les échanges et les actions de sensibilisation organisées dans la région, les organisateurs ont voulu rappeler que la paix ne relève pas uniquement des institutions publiques. Elle est avant tout une responsabilité partagée, qui se construit au quotidien dans les familles, les écoles, les lieux de travail et les communautés.En mettant les femmes au cœur de cette dynamique, la Délégation régionale de la Promotion de la Femme et de la Famille du Nord et la Convention nationale des femmes pour la paix réaffirment leur volonté de faire de chaque citoyen un acteur du dialogue, de la tolérance et du vivre-ensemble.
Au-delà de la célébration, le message est clair : la paix commence à la maison, grandit dans les communautés et constitue le socle indispensable du développement durable du Cameroun.



















