Réalisé du 07 au 10 octobre 2025 auprès de 310 Camerounais, le sondage MCTV révèle une large avance d’Issa Tchiroma Bakary dans les intentions de vote pour la présidentielle du 12 octobre.
L’étude met également en lumière une forte mobilisation électorale, une prépondérance des jeunes votants, et des priorités claires axées sur l’économie, la santé, l’éducation et la lutte contre la corruption.
À quelques jours du scrutin, les résultats traduisent une opinion publique déterminée à s’exprimer, mais toujours méfiante quant à la transparence du processus électoral.
Un sondage pour prendre le pouls de l’opinion à la veille du scrutin
À trois jours d’un rendez-vous électoral capital pour le Cameroun, MCTV Cameroun a mené, du 07 au 10 octobre, une enquête d’opinion en ligne visant à sonder les intentions de vote et à identifier les préoccupations majeures des électeurs.
Conduite auprès de 310 participants issus de diverses régions du pays et de la diaspora, cette étude offre un aperçu représentatif de la diversité politique et sociale du moment.
Si elle ne prétend pas se substituer à un sondage national officiel, cette initiative apporte un éclairage précieux sur le climat électoral et les tendances d’opinion à la veille du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025.
Une participation annoncée comme massive
Premier enseignement de cette enquête : l’engagement citoyen.
Près de 93,9 % des personnes interrogées déclarent leur intention de se rendre aux urnes. Ce chiffre traduit un intérêt accru pour la vie politique et un désir manifeste de changement, dans un contexte marqué par une lassitude face aux difficultés socio-économiques.
Cependant, cette volonté de participation s’accompagne d’une méfiance prononcée : près d’un sondé sur deux (49,7 %) doute de la transparence du processus électoral, tandis que 31 % seulement expriment une confiance totale dans le système de vote.
Une donnée qui illustre la fragilité de la confiance institutionnelle au sein de l’opinion publique.
Issa Tchiroma Bakary, grand favori des électeurs interrogés par MCTV
Les résultats à la question du candidat préféré sont sans équivoque :
Issa Tchiroma Bakary, leader du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), s’impose largement avec 77,4 % des suffrages exprimés.
Derrière lui, le président sortant Paul Biya obtient 7,7 %, suivi de Bello Bouba Maïgari (UNDP) avec 7,4 %, Cabral Libii (PCRN) à 5 % et les autres partagent les 2,5 restant.
Cette domination nette illustre la forte popularité du candidat du FSNC auprès d’un électorat connecté, majoritairement jeune et avide de renouveau.
L’écart important entre les différents candidats révèle une fatigue vis-à-vis des acteurs politiques traditionnels et une attente forte d’un nouveau leadership national.
Une jeunesse électoralement dominante et consciente des enjeux
Le sondage met également en évidence une forte présence des jeunes électeurs parmi les répondants.
Les tranches d’âge 18-24 ans (25,6 %) et 25-34 ans (26,5 %) représentent à elles seules plus de la moitié des participants, confirmant la prépondérance de la jeunesse dans la dynamique politique actuelle.
Cette tendance traduit une soif de changement et un engagement numérique accru, notamment via les réseaux sociaux, devenus un espace central de mobilisation politique.
Les tranches d’âge plus avancées, bien que présentes, restent minoritaires : les 55 ans et plus ne représentent que 9,7 % des sondés, illustrant une fracture générationnelle et numérique.
Analyse socioprofessionnelle : une population active, étudiante et diversifiée
Au-delà de l’âge, la structure socioprofessionnelle des participants offre des indications précieuses sur la composition de l’échantillon.
Les étudiants arrivent en tête avec 27,1 % des répondants, confirmant la jeunesse et la dimension académique de l’échantillon.
Cette proportion élevée suggère une population en formation, curieuse des enjeux politiques et familière des plateformes numériques.
Les fonctionnaires représentent 12,9 %, tandis que les employés du secteur privé atteignent 10,3 % — deux catégories qui traduisent une présence équilibrée des travailleurs des secteurs public et privé.
Les agriculteurs (12,3 %) forment également une part significative, témoignant du poids encore important du monde rural dans la société camerounaise.
La catégorie “autre” (27,1 %), quant à elle, renvoie à une diversité d’activités (commerçants, artisans, indépendants, etc.), révélant la multiplicité des statuts socio-économiques des sondés.
Enfin, les sans emploi ou au foyer (10,3 %) représentent une minorité non négligeable, traduisant les défis persistants du marché de l’emploi.
En résumé, le profil des répondants reflète une société mixte, jeune et active, où les étudiants et les travailleurs du secteur public occupent une place de choix.
Cette configuration sociologique explique en partie l’orientation des opinions exprimées, notamment sur les thèmes de l’emploi, de la formation et de la gouvernance.
Les priorités des Camerounais : emploi, santé et éducation
Interrogés sur les problèmes les plus urgents à résoudre, les répondants placent l’économie et l’emploi en tête avec 37,7 %, suivis de la santé (17,1 %) et de l’éducation (16,3 %).
Ces résultats traduisent une hiérarchisation claire des besoins sociaux, dominée par le souci de la stabilité économique et du bien-être collectif.
Plus encore, la lutte contre la corruption, citée par 59,7 % des participants, apparaît comme une préoccupation transversale.
Ce chiffre témoigne d’une fatigue morale face aux dérives de la gestion publique et d’un désir de gouvernance exemplaire.
La décentralisation (7,4 %), bien qu’évoquée, reste secondaire, preuve que les Camerounais attendent avant tout des solutions concrètes aux difficultés du quotidien.
Entre espoir et vigilance : un électorat en quête de renouveau
En somme, les données recueillies par MCTV dressent le portrait d’une population électoralement mobilisée, mais lucide.
L’électorat exprime à la fois une volonté de participation active et une attente forte de changement, notamment sur le plan économique et institutionnel.
Si Issa Tchiroma Bakary se dégage comme le favori incontestable du moment, le scepticisme persistant quant à la transparence électorale et à la lutte contre la corruption rappelle la nécessité de restaurer la confiance démocratique.
Ce sondage, bien qu’indicatif, offre un instantané révélateur des tendances à la veille d’un scrutin décisif.
Les jeunes, désormais acteurs centraux du débat politique, portent les espoirs d’un Cameroun nouveau, fondé sur le travail, la justice et la transparence.
Les prochains jours diront si cette dynamique numérique et populaire se traduira dans les urnes.
Rédaction MCTV: Analyse des Tendances Électorales 2025
Source : Sondage MCTV du 07 au 10 octobre 2025 – Échantillon de 310 participants

