Un nouveau film de l’Organisation non gouvernementale Environnemental Justice Foundation révèle des témoignages chocs d’équipages abusés et de communautés côtières privées de ressources.
Un nouveau film de l’Organisation non gouvernementale Environnement Justice Foundation (EJF) diffusé récemment met en évidence des témoignages chocs sur la pêche illégale qui détruit les moyens de subsistance des pêcheurs et ravage les écosystèmes marins. Malgré de nouvelles lois, l’impunité des chalutiers étrangers continue d’asphyxier les côtes camerounaises. Le film donne la parole à des membres d’équipage camerounais et à des pêcheurs artisanaux dont les moyens de subsistance sont détruits par des chalutiers appartenant à des étrangers se livrant à des activités illégales dans les eaux nationales.
Selon la législation camerounaise, les chalutiers n’ont pas le droit de pêcher dans les cinq milles nautiques à partir de la côte, zone réservée exclusivement à la pêche artisanale. Malheureusement à une situation où cette loi est régulièrement bafouée. Comme l’a révélé un membre de l’équipage « Il n’y a pas une marrée que le bateau n’est pas allé à la côte ». Pour les pêcheurs artisanaux, les conséquences sont graves. « Nous appelons même le poisson notre sauveur. C’est le poisson qui nous permet de vivre, d’envoyer nos enfants à l’école, de nous soigner, etc. », a affirmé Abel Benson Okonniyin, pêcheur de Mbiako à Kribi. Les équipages travaillant à bord de ces navires ont également décrit des conditions éprouvantes et abusives : absence de contrat, nourriture et eau insuffisantes, violences infligées par des officiers étrangers. Un pêcheur a raconté : « A la moindre erreur, c’est la bagarre et c’est toujours avec des machettes, des couteaux que nous sommes attaqués », a-t-il affirmé. Et un autre pêcheur d’ajouter : « Je pense que seuls nos dirigeants peuvent faire faire quelque chose. Seuls nos dirigeants peuvent renverser la situation », s’insurge-t-il.
Et pourtant depuis que la Commission européenne a adressé un « carton rouge » au Cameroun en 2023, interdisant l’exportation de poisson vers l’Union européenne pour incapacité à lutter contre la pêche illégale, le pays a pris plusieurs mesures. Parmi lesquelles, l’adoption d’une nouvelle loi sur la pêche et l’adhésion à la charte mondiale pour la transparence des pêches en avril 2025. Dr Badaï Elie, chef de la Brigade de contrôle et de surveillance des activités de pêche au Cameroun, souligne dans ce film, l’importance de protéger la pêche artisanale, qui représente plus de 80% de la production nationale. Steve Trent, Directeur général et fondateur d’EJF quant à lui a déclaré : « La pêche industrielle illégale prive les Camerounais de leur alimentation. Ces pratiques illicites suppriment des emplois, détruisent les écosystèmes et exploitent et exploitent les travailleurs. Le gouvernement camerounais a pris certaines mesures encourageantes, mais il faut aller plus loin pour garantir l’application effective de la loi, sanctionner les contrevenants et faire de la transparence la norme. Ce n’est qu’à cette condition que le Cameroun pourra assurer une pêche durable légale et éthique ».
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